{"id":15,"date":"2016-03-16T08:25:34","date_gmt":"2016-03-16T07:25:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.darbois.net\/gaedou\/?p=15"},"modified":"2016-03-16T08:25:34","modified_gmt":"2016-03-16T07:25:34","slug":"le-journal-de-bord","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.darbois.net\/gaedou\/2016\/03\/16\/le-journal-de-bord\/","title":{"rendered":"Le journal de bord"},"content":{"rendered":"<p>Jour 1 \/ le 13 d\u00e9cembre<br \/>\nLever au port, direction les douches &#8211; derni\u00e8re douche avant un mois ! Puis derniers pr\u00e9paratifs avant le d\u00e9part. Pascal veut mettre sa girouette en t\u00eate de mat. Malheureusement en la montant dans le seau, celle-ci tombe et se casse. Nous serons sans girouette. Derniers rangements, \u00e0 11h30 nous trouvons un restau pour un dernier d\u00e9jeuner \u00e0 terre. C\u2019est vite exp\u00e9di\u00e9 et nous sommes fins pr\u00eats. Quelques coups de fils plus tard nous larguons les amarres.<br \/>\nLa sortie de la place n\u2019est pas sans \u00e9motions. Le vent s\u2019est lev\u00e9, nous souffle droit dessus et fort et la sortie se fait donc en marche arri\u00e8re jusqu\u2019au refueling. La sortie du port est plus classique \u2013 et pus digne \u2013 et nous trouvons 25 n\u0153uds de vent pour nos premi\u00e8res heures en mer. Notre choix : la route du nord, le contournement de Gran Canaria par le nord, et non pas la route du sud vers le Cap Vert. Les d\u00e9s sont jet\u00e9s, ce sera une orthodromie ou presque.<br \/>\nCa souffle bien tant que nous sommes au nord de l\u2019ile, mais en la contournant le vent du sud est bloqu\u00e9 par l\u2019ile et nous voil\u00e0 \u00e0 une allure  bien plus tranquille. Et nous mettons le moteur une heure car vraiment nous n\u2019avan\u00e7ons plus\u2026 Les quarts se mettent en place doucement, je pr\u00e9pare le diner, et les premiers dauphins viennent nous rendre visite. Ils sont tr\u00e8s intrigu\u00e9s par l\u2019hydro g\u00e9n\u00e9rateur, cette petite h\u00e9lice qui tourne en ne faisant pas le bruit habituel des h\u00e9lices de moteur. Les voil\u00e0 qui tournent autour, se rapprochent \u00e0 la toucher pour se d\u00e9tourner au dernier moment. Nous nous demandons m\u00eame s\u2019ils ne vont pas l\u2019abimer d\u2019un coup de nez. Apr\u00e8s 5 minutes, ils s\u2019en \u00e9loignent et continuent \u00e0 jouer autour du Gaedou, \u00e0 passer devant l\u2019\u00e9trave, nager \u00e0 l\u2019envers \u2013 on voit leur ventre blanc, \u00e0 faire le malin \u2013 un qui fait une train\u00e9e de bulles, comme un contrail d\u2019avion. Un vrai spectacle pendant 10 minutes. Et ils repartent.<br \/>\nPremier beau coucher de soleil. Et nous d\u00e9cidons que le Gaedou serait \u00e0 l\u2019heure de Paris et non l\u2019heure universelle, pour mieux nous caler par rapport au soleil.<\/p>\n<p>28\u00b014&rsquo;07\u00a0\u00bbN,15\u00b028&rsquo;27\u00a0\u00bbW (position \u00e0 16h00 UT). C&rsquo;est parti ! Les premiers dauphins, curieux, sont venus voir l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur. Premier coucher de soleil flamboyant. Bilan de la journ\u00e9e : du vent en sortie de Las Palmas, plus beaucoup (8-12 n\u0153uds) au nord de Gran Canarie. Nous passons au sud de Tenerife. Le bateau se traine doucement dans la p\u00e9tole en d\u00e9but de soir\u00e9e &#8230;<br \/>\nLa nuit tombe pendant le diner, salade de tomates, concombre et jambon belotta. Il n\u2019y a quasiment plus de vent. Nous sommes ballott\u00e9s mis\u00e9rablement, nous nous trainons \u00e0 moins de 2 n\u0153uds\u2026 j\u2019ai le quart de 5h30, je pars me coucher, un peu naus\u00e9eux. Impossible de m\u2019endormir d\u2019ailleurs. Je pense \u00e0 plein de choses, l\u2019excitation du d\u00e9part me rattrape.<br \/>\nNous mettons deux heures de moteur pour le premier quart de nuit. Les quarts s\u2019enchainent, je sors de la cabine \u00e0 5h du matin pour un beau ciel plut\u00f4t d\u00e9gag\u00e9 : Orion en majest\u00e9, les pl\u00e9iades, mais un ciel un peu pollu\u00e9 par les lumi\u00e8res de Tenerife que nous visons. <\/p>\n<p>14 d\u00e9cembre<br \/>\nApr\u00e8s une nuit sans beaucoup de vent, le soleil est l\u00e0 et le vent reprend un peu. Pas suffisamment pour notre go\u00fbt.<br \/>\nLa nuit fut claire, retour des dauphins \u00e0 2h, pluie d&rsquo;\u00e9toiles filantes. La routine. Nous passons devant le volcan de Tenerife vers 12h00. Retour des dauphins vers 16h&#8230; et nuages lenticulaires sur le volcan de T\u00e9n\u00e9riffe (voir photos)&#8230; Journ\u00e9e tranquille, entre 10 et 15 n\u0153uds de vent. Il fait bon la journ\u00e9e et la nuit est douce (on prend les quarts avec une polaire seulement). Nous n&rsquo;avan\u00e7ons pas au rythme o\u00f9 nous le souhaiterions&#8230; Mais les vents sont les patrons&#8230; Au moins, pas de moteurs aujourd&rsquo;hui ! La bonne nouvelle : l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur fonctionne parfaitement : le pilote auto est branch\u00e9 en permanence, les batteries sont pleines. Grand confort.<\/p>\n<p>Mis\u00e8re de vent le matin, qui se l\u00e8ve pour atteindre 10-15 n\u0153uds dans l\u2019apr\u00e8s-midi, pour retomber dans la soir\u00e9e. C\u2019est frustrant car nous n\u2019avan\u00e7ons pas au rythme souhait\u00e9. Les iles des Canaries perturbent les vents et nous avons h\u00e2te de sortir du passage des iles. Nous longeons p\u00e9niblement l\u2019ile de T\u00e9n\u00e9riffe, son volcan, que nous avons bien le temps d\u2019admirer. La journ\u00e9e s\u2019occupe tranquillement : d\u00e9jeuner de confit de canard haricots verts, avec pas mal de gite ; revue s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019apr\u00e8s-midi : utilisation de la perche IOR, revue du radeau de survie, etc. Au diner, \u0153ufs brouill\u00e9s aux c\u00e8pes, banane, pommes. Il y a encore 2-4 jours de frais. Je dors pas mal ayant eu une nuit ex\u00e9crable la veille. Et je me sens toujours barbouill\u00e9.<br \/>\nJ\u2019ai le quart le plus confort, 22h-0h30. Il fait plut\u00f4t plus frais qu\u2019hier soir \u2013 \u00e0 moins que ce ne soit la fatigue. Le ciel est d\u00e9gag\u00e9 en partie, on voit bien la voie lact\u00e9e. Il y a toujours une pluie d\u2019\u00e9toiles filantes : il suffit de lever la t\u00eate pour en voir une. Plus \u00e9tonnant, une qui a tenu 2-3 secondes, avec une teinte verte. Un spectacle rare.<br \/>\nMardi 15 d\u00e9cembre<br \/>\nAu r\u00e9veil \u00e0 8h, le soleil n\u2019est pas encore lev\u00e9 ; je prends le quart apr\u00e8s Pascal. Nous avan\u00e7ons mieux d\u00e9j\u00e0, le vent s\u2019est lev\u00e9 \u00e0 15 n\u0153uds et nous approchons des conditions que nous devrions avoir d\u00e9sormais : houle, largue, 15 n\u0153uds, 5-6 n\u0153uds d\u2019allure. Temps d\u00e9gag\u00e9, temp\u00e9rature douce. C\u2019est l\u2019heure du petit d\u00e9jeuner.<br \/>\nLe temps est tr\u00e8s changeant : toujours beau, toujours chaud, mais le vent se l\u00e8ve soudainement pour monter \u00e0 15-20 n\u0153uds pendant une heure ou deux, et retomber \u00e0 5-8 n\u0153uds. La houle est bien form\u00e9e, avec des vagues de 2 m\u00e8tres ; \u00e9tant grand largue voire vent arri\u00e8re, et pas compl\u00e8tement dans l\u2019axe de la houle, les p\u00e9riodes de vent faible sont d\u00e9sagr\u00e9ables.<br \/>\nAu d\u00e9jeuner, riz au curry vert ; Henri lance la ligne et apr\u00e8s une heure nous ramenons le premier poisson. Pas bien gros, pas bien beau, mais il sera d\u00e9gust\u00e9 ce soir.<br \/>\nPar d\u00e9pit, nous lan\u00e7ons le moteur \u00e0 17h30 ; cap au nord-ouest, pour essayer de r\u00e9cup\u00e9rer du vent. Mais il semble clair que nous aurons 3 jours de vents faibles, avant ce qui devrait \u00eatre un vent plus marqu\u00e9 et plus stable sur le reste de la travers\u00e9e. Nous passons donc nos journ\u00e9es \u00e0 lire, sieste, film.<\/p>\n<p>Le vent s\u2019est lev\u00e9 et pousse le Gaedou, enfin. Entre 15 et 20 n\u0153uds, avec des pointes \u00e0 22-23, une houle bien form\u00e9e, c\u2019est tout de suite plus sportif. A minuit, Pascal ne maitrise plus le voilier qui part en lof, empanne sauvagement, bref il faut faire quelque chose. Les mines des 3 sortant de leur couchette, h\u00e9b\u00e9t\u00e9, vaut le d\u00e9tour. Nous nous habillons vite fait \u2013 veste de quart et gilets sont de sortie \u2013 pour accompagner \u00e0 la man\u0153uvre, objectif : prendre un ris. \u00c7a ne se passe pas comme pr\u00e9vu, un manillon de l\u2019\u00e9coute de GV saute et finalement nous rentrons la GV. La nuit se passe au foc seul, qui nous pousse quand m\u00eame \u00e0 un bon 5 n\u0153ud. Nous sommes tous claqu\u00e9s, du rythme des quarts \u00e0 prendre, du contre coup du d\u00e9part : Yves, Henri dorment mal, j\u2019ai du mal \u00e0 tenir \u00e9veill\u00e9 pendant mon quart. Il faut plus frais (veste de quart et polaire de rigueur) ; le pilote tient son r\u00f4le et m\u00e8ne la barque, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 attendre, s\u2019assurer que le pilote ne saute pas, observer les \u00e9toiles. Apr\u00e8s le grain essuy\u00e9 par Pascal, le ciel se d\u00e9gage progressivement : plus d\u2019\u00e9toiles filantes, plus de dauphins, la lune en premier quartier se couche t\u00f4t \u2013 vers 10h du soir, ne restent que les \u00e9toiles, nettes et nombreuses quand les nuages s\u2019\u00e9cartent.<br \/>\nMercredi 16<br \/>\nNous sommes d\u00e9sormais sortis des Canaries. Le vent est plus franc, plus de terre en vue, la travers\u00e9e commence vraiment. La journ\u00e9e d&rsquo;hier a encore \u00e9t\u00e9 relativement frustrante, avec des pointes de vent \u00e0 20 n\u0153uds pendant 2 heures suivis de plat pendant 3-4 heures. Au point que nous avons mis 2 heures de moteur pour nous extirper des conditions de vent des Canaries et r\u00e9cup\u00e9rer le vent annonc\u00e9 au ouest nord-ouest.<br \/>\n\u00c7a a march\u00e9 en d\u00e9but de nuit, avec un premier quart mouvement\u00e9 &#8211; 20-22 n\u0153uds de vent, une belle houle de 2 m\u00e8tres : nous d\u00e9cidons de prendre un ris et finissons par rentrer la grand-voile pour cause de manille d&rsquo;\u00e9coute de gv qui a l\u00e2ch\u00e9. C&rsquo;est ballot. Le reste de la nuit se fait donc au g\u00e9nois qui nous assure quand m\u00eame un 4 n\u0153ud d&rsquo;allure.<br \/>\nL&rsquo;ambiance \u00e0 bord est bonne, une certaine fatigue car il faut s&rsquo;habituer au rythme des quarts de nuit, mais rien de grave. Henri a p\u00each\u00e9 un poisson (petit et moche) qui est reparti \u00e0 la mer. Les repas se prennent dans le cockpit, car il fait doux et beau. Et cette nuit, fin des \u00e9toiles filantes, mais un ciel qui, quand il se d\u00e9gage, est lumineux des \u00e9toiles, avec en particulier Orion en majest\u00e9 et Sirius qui \u00e9claire autant qu&rsquo;une plan\u00e8te. Plus de photos du bord: nous sommes loin des c\u00f4tes et de la couverture 3g et communiquons d\u00e9sormais par t\u00e9l\u00e9phone satellite. <\/p>\n<p>Au r\u00e9veil, je retrouve Pascal \u00e0 9h. Nous montons la GV et le gennaker, le vent s\u2019\u00e9tant bien calm\u00e9 en fin de nuit. Il y a maintenant moins de 10 n\u0153uds de vent. L\u2019\u00e9quipage sort progressivement de ses cabines, apr\u00e8s une nuit pas assez r\u00e9paratrice. A 11h de bord, le vent est compl\u00e8tement tomb\u00e9 depuis une heure et nous mettons le moteur. R\u00e9gime moteur toute la journ\u00e9e h\u00e9las. Une journ\u00e9e de transition qui permet de vaquer, sous un soleil soutenu mais une temp\u00e9rature pas trop chaude, \u00e0 toutes les op\u00e9rations de bord : nettoyage de fond en comble du cockpit \/ carr\u00e9 \/ toilettes ; lessive pour moi ; toilette de chat \u00e0 l\u2019eau de mer et au seau, qui m\u2019a fait un bien fou. Nous aurions pu nous baigner, ce sera pour la prochaine journ\u00e9e de p\u00e9tole. Normalement demain\u2026<br \/>\nEt premier envoi de point (GPS + journ\u00e9e) par iridium, qui fonctionne comme pr\u00e9vu. La journ\u00e9e se passe autrement en siestes, lecture et films, chacun dans son coin. D\u00e9jeuner ensemble bien s\u00fbr, avec des p\u00e2tes sauce tomate et chorizo pr\u00e9par\u00e9es par Henri, un d\u00e9lice.<br \/>\nEt un nouvel essai de p\u00eache : Pascal envoie la ligne pendant la journ\u00e9e, puis une traine qui perd sa planche, planche r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par la ligne ! Journ\u00e9e sans grand int\u00e9r\u00eat donc, tout est un peu rat\u00e9. Mais il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de r\u00e9cup\u00e9rer, de se mettre dans le rythme : la vraie coupure a lieu en ce moment \u2013 jusqu\u2019\u00e0 hier matin, nous avions encore des sms \u2013 et psychologiquement je suis s\u00fbr que cela a un impact sur l\u2019\u00e9nergie du bord. De mon c\u00f4t\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 barbouill\u00e9 les jours pr\u00e9c\u00e9dents, cela commence \u00e0 aller mieux. Les phases de vent arri\u00e8re et faible, \u00e0 \u00eatre ballot\u00e9, restent difficiles, mais le m\u00e9lange de sommeil \u00e0 tout bout de champ et d\u2019amarinage progressif fait son effet.<\/p>\n<p>La nuit se passe sans encombre : nous avons arr\u00eat\u00e9 le moteur \u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit et nous sommes r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 tourner \u00e0 1-2 n\u0153uds avec les 5 n\u0153uds de vent disponible. Le quart se fait plus facilement qu\u2019hier, malgr\u00e9 l\u2019horaire le plus difficile a priori (3h-5h30). Un bon film et c\u2019est pass\u00e9 (Love and mercy). Il fait frais et surtout tr\u00e8s humide, l\u2019absence de vent fait suinter l\u2019humidit\u00e9 partout. Rien ne s\u00e8che, les oreillers sont humides, la lessive met 2 jours \u00e0 s\u00e9cher\u2026<br \/>\njeudi 17 d\u00e9cembre 2015<br \/>\nAu r\u00e9veil, le soleil qui se l\u00e8ve \u00e0 8h50 heure du bord \u00e0 une forme ovale, \u00e9tir\u00e9 dans les nuages. Cela dure quelques secondes. Nous relan\u00e7ons le moteur la mort dans l\u2019\u00e2me, pour avancer un peu. Pendant la nuit, il y a eu 2 ou 3 \u00e9pisodes de vent \u00e0 8-9 n\u0153uds, avec un Gaedou r\u00e9pondant bien (3 n\u0153uds) mais la tendance est faiblarde. L\u2019espoir reprend apr\u00e8s l\u2019\u00e9change de mails avec Yves et la r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019un grib : changement de cap, nous partons vers le sud-ouest pour nous rapprocher de l\u2019ortho et r\u00e9cup\u00e9rer du vent \u00e0 compter de samedi. Et miracle, en virant de bord nous avons 8 n\u0153uds de vent qui nous permet de repasser \u00e0 la voile, avec une vitesse marginalement inf\u00e9rieure \u00e0 celle du moteur (3 \/ 3,5 vs 4 n\u0153uds) et un confort g\u00e9n\u00e9ral bien sup\u00e9rieur.<br \/>\nD\u00e9jeuner de confit de canard en sauce, puis nettoyage du pont pour moi. Notre rythme est d\u00e9sormais bien \u00e9tabli, l\u2019ADN du bord : P T Y H, Pascal Thomas Yves Henri dans l\u2019ordre des quarts. Et un partage des r\u00f4les pour les 4 activit\u00e9s suppl\u00e9mentaires de la journ\u00e9e, d\u00e9jeuner \/ diner \/ v\u00e9rifications de s\u00e9curit\u00e9 \/ nettoyage. \u00c7a tourne et se fait sans encombre. La nuit, selon son quart, chacun se pr\u00e9pare : Pascal et moi partageons la cabine avant pour le rangement de nos affaires, Pascal passant avant moi j\u2019ai tendance \u00e0 d\u00e9marrer ma nuit, et, r\u00e9veill\u00e9 par Pascal, je me l\u00e8ve et sort mon sac de couchage et mes affaires dans le carr\u00e9 pour continuer ma nuit, une fois mon quart termin\u00e9, dans la cabine lib\u00e9r\u00e9e par Yves pour son quart. \u00c7a tourne tout seul.<br \/>\nLes pr\u00e9visions d\u2019arriv\u00e9e ne manquent pas de g\u00e9n\u00e9rer de la conversation. Nous avons toujours lu qu\u2019il y aurait 3-4 jours de vents faibles, le manque de chance est de les avoir au d\u00e9but : nous n\u2019avons pas une id\u00e9e pr\u00e9cise de la distance que le Gaedou peut parcourir sur 24h, dans des conditions normales de vent. Et c\u2019est une donn\u00e9e importante\u2026 le dernier routage envoy\u00e9 par Yves, aujourd\u2019hui, nous donne une arriv\u00e9e au 2 janvier \u2013 je doute que le Gaedou soit aussi performant que le mod\u00e8le, et il est plus probable que nous mettions 4 jours de plus. La question se posera alors de notre point de chute, les Tobago Cays ou la Martinique directement. Nous en saurons plus samedi matin : avec un point fix\u00e9 sur une performance attendue, nous pouvons soit l\u2019atteindre \u00e0 2h du matin (mod\u00e8le Yves) ou 8h (mod\u00e8le Thomas), soit 40h \u00e0 perf th\u00e9orique vs 46h en perf attendue\u2026 un \u00e9cart de 15% qui sur le temps restant nous rajoute 2 \u00e0 3 jours, soit une arriv\u00e9e au 4 janvier. A suivre.<\/p>\n<p>Jeudi 17 d\u00e9cembre matin<\/p>\n<p>La nuit s&rsquo;est pass\u00e9e tr\u00e8s calmement: aucun vent. Nous avons progress\u00e9 \u00e0 1,7 n\u0153uds de moyenne sur les 10 derni\u00e8res heures. Pas brillant. Et la nuit fut particuli\u00e8rement humide par rapport aux nuits pr\u00e9c\u00e9dentes. Une bonne humidit\u00e9 qui commence \u00e0 tomber d\u00e8s 18h.<br \/>\nEt nous remettons le moteur \u00e0 9h du matin, avec une perspective de moteur toute la journ\u00e9e &#8211; toujours dans une strat\u00e9gie de r\u00e9cup\u00e9ration du vent un peu plus loin. En termes de voile pure, ce n&rsquo;est donc pas brillant: moteur hier, moteur aujourd&rsquo;hui. Mais au moins il fait beau!<\/p>\n<p>Les quarts se sont clairement rel\u00e2ch\u00e9s hier. Le bateau se g\u00e8re tout seul, au pilote auto: il n&rsquo;y a rien devant &#8211; nous sommes absolument tous seuls, et pas vu de bateau depuis 36 heures. Pascal a sorti les lignes, sans succ\u00e8s; lessive \u00e0 l&rsquo;eau de mer pour Thomas; lecture, films pour tout le monde. Et siestes. Et les journ\u00e9es passent vite!<\/p>\n<p>Vendredi 18 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>Quart de nuit: nous dinons la nuit \u00e0 peine tomb\u00e9e, vers 19:30 heure du bord (pour l&rsquo;instant, heure fran\u00e7aise). Chacun s&rsquo;\u00e9gaie ensuite: celui qui fait le quart de 8 \u00e0 10 reste  au cockpit bien s\u00fbr, celui qui va se lever \u00e0  3h va se coucher, les autres vont dans leur cabine et lisent ou regardent un film.<br \/>\nLe quart de 20h est calme: 8-10 n\u0153uds de vent r\u00e9gulier, 4-5 n\u0153uds d&rsquo;allure. La lune au premier quartier se couche plus tard que les nuits pr\u00e9c\u00e9dentes, et est bien s\u00fbr plus lumineuse chaque jour. Sa lumi\u00e8re laiteuse \u00e9claire la houle &#8211; une houle majestueuse, profonde, r\u00e9guli\u00e8re &#8211; et cela donne l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre sur un tapis volant. Le Gaedou avance tranquillement &#8211; pas assez vite diront certains &#8211; mais nous avan\u00e7ons. Le ciel est tr\u00e8s clair cette nuit: pas un nuage dans le ciel. Orion se l\u00e8ve et on voit bien le rouge de Betelgeuse; \u00e0 tribord, les 3 belles d\u2019\u00e9t\u00e9, au z\u00e9nith de notre ciel d&rsquo;\u00e9t\u00e9 fran\u00e7ais, sont sur l&rsquo;horizon, triangle pench\u00e9. Le d\u00e9paysement n&rsquo;est que partiel d&rsquo;avec le ciel de nos latitudes.<br \/>\nCe sont ces moments-l\u00e0 qui justifient la travers\u00e9e : seul au milieu d&rsquo;un d\u00e9sert mouvant, \u00e0 voir la trace &#8211; qu&rsquo;on per\u00e7oit de nuit plus rapide qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est &#8211; laiss\u00e9e par le voilier, sous un ciel \u00e9toil\u00e9 changeant de nuit en nuit &#8211; car le quart oblige \u00e0 se lever, et a des heures diff\u00e9rentes. Et au quart de fin de nuit, Orion est pass\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du ciel, nous avons Sirius comme cap. La lune s&rsquo;est couch\u00e9e, la mer est d&rsquo;encre et quelques nuages emp\u00eachent de bien voir la voie lact\u00e9e. Deux petites \u00e9toiles filantes pour d\u00e9marrer le quart et me voil\u00e0 install\u00e9.<\/p>\n<p>Hier apr\u00e8s-midi, voile tout du long \u00e0 un petit 4 n\u0153uds, insuffisant d&rsquo;un point de vue d&rsquo;arithm\u00e9tique pour arriver rapidement, mais toujours pr\u00e9f\u00e9rable au moteur. La p\u00eache est toujours infructueuse, on insiste quand m\u00eame. Les nuits sont relativement fra\u00eeches.<br \/>\nAu r\u00e9veil, le vent a fraichi l\u00e9g\u00e8rement (10-12 n\u0153uds) et au travers nous faisons un 6,5 n\u0153uds rassurant pour la suite. La strat\u00e9gie est claire d\u00e9sormais : retrouver l&rsquo;orthodromie (le plus court chemin entre deux points sur une sph\u00e8re) car le ratio distance \u00e0 parcourir \/ vents pr\u00e9sents nous est favorable. Et de toute fa\u00e7on c&rsquo;est aussi le chemin le plus court. <\/p>\n<p>Samedi 19 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>Retour sur la journ\u00e9e de 18: une des premi\u00e8res presque pleinement satisfaisante en voile: du vent stable une bonne partie de la journ\u00e9e, avec une vitesse moyenne entre 5 et 6 n\u0153uds; une progression dans le bon sens; et enfin, des pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o et un routage qui collent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Tant et si bien que la bascule de temps pr\u00e9vue pour la soir\u00e9e puis la nuit &#8211; avec d\u00e9croissance du vent, pour se retrouver avec rien ou si peu d&rsquo;air et de face &#8211; nous tombe effectivement dessus a l&rsquo;heure pr\u00e9vue, en d\u00e9but de nuit. C&rsquo;est un mal pour un bien: normalement, nous r\u00e9cup\u00e9rons demain l&rsquo; \u00ab\u00a0autoroute\u00a0\u00bb, les vents stables de 15 \/ 20 n\u0153uds que nous poursuivons depuis bient\u00f4t une semaine, et si tout va bien devraient nous porter, sans ces creux d&rsquo;une demi-journ\u00e9e ou plus, jusqu&rsquo;aux Antilles.<br \/>\nUn certain optimisme r\u00e8gne donc \u00e0 bord, avec un pari ouvert sur la date d&rsquo;arriv\u00e9e au premier mouillage. Le gagnant se voit offrir le diner par les 3 autres. R\u00e9sultat dans 3 semaines. <\/p>\n<p>Les journ\u00e9es ont beau \u00eatre sans relief &#8211; plus de dauphins, un oiseau par jour malgr\u00e9 la distance des c\u00f4tes, toujours rien de p\u00each\u00e9 depuis la premi\u00e8re tentative &#8211; elles passent vite. Les quarts s&rsquo;encha\u00eenent, mais le pilote auto fait quasiment tout le boulot. La routine : r\u00e9cup\u00e9ration des donn\u00e9es m\u00e9t\u00e9o et du routage par tel satellitaire, nettoyage du bord, pr\u00e9paration des repas se fait sans accroche. Quelques discussions sur les options de route, l&rsquo;envoi du gennaker quand le vent faiblit, et les fondamentaux sont couverts. Le compl\u00e9ment, ce sont sieste (les quarts de 2h30) par nuit perturbe le sommeil quand m\u00eame), lecture, un peu de musique, regarder la mer, la houle &#8211; c&rsquo;est hypnotique &#8211; et la journ\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une nuit sans vent, comme pr\u00e9vu &#8211; mais alors vraiment sans vent, avec des vitesses enregistr\u00e9es \u00e0 z\u00e9ro n\u0153ud pendant 10 minutes &#8211; le vent a repris, avec quelques heures de retard par rapport aux pr\u00e9visions (3 heures pour \u00eatre pr\u00e9cis). La nuit sans vent, avec la lune, c&rsquo;est un paysage \u00e9trange. La r\u00e9flexion sur la houle fait comme une peau noire de l\u00e9zard qui ondule doucement, avec des \u00e9cailles lumineuses. C&rsquo;est un moment \u00e0 la fois frustrant et reposant, en tout cas pas stressant pour un sou. Mais le r\u00e9veil avec 10-15 n\u0153uds de vent, une mer pas trop form\u00e9e, de bonnes conditions pour un r\u00e9veil finalement, c&rsquo;est mieux. La journ\u00e9e risque d&rsquo;\u00eatre couverte, nous rentrons dans une queue de d\u00e9pression. <\/p>\n<p>Samedi 19 a-m et dimanche 20 matin<\/p>\n<p>Le vent est l\u00e0 ! Et bien pr\u00e9sent: 18-20 n\u0153uds bien \u00e9tabli, une bonne houle de 4 \/ 5 m\u00e8tres qui a des airs d&rsquo;Interstellar quand on est au fond de la vall\u00e9e liquide. La trace est tout de suite moins droite: pas facile de tenir un cap parfaitement net quand le voilier arrive en haut de la colline et se prend \u00e0 la fois le surplus de vent et le d\u00e9but de descente &#8211; \u00e9videmment pas dans l&rsquo;axe de la houle. Ca surfe, \u00e7a tangue, \u00e7a ballotte. Il y a du bruit de partout: les vagues bien s\u00fbr, l&rsquo;\u00e9cume qui se dissout apr\u00e8s le passage du bateau, l&rsquo;eau sur la coque (dans la cabine avant, \u00e7a ressemble au gargouillis des bulles apr\u00e8s un saut dans l&rsquo;eau &#8211; sauf que \u00e7a dure tout le temps), les craquements divers de plastique, de bois qui joue dans les cabines, les \u00e9coutes tendues, les voiles qui claquent \u00e0 la saute de vent, le pavillon qui claque sans fin, la fr\u00e9quence aigu\u00eb de l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur qui tourne \u00e0 plein. Ca vit, quoi.<br \/>\nApres des journ\u00e9es plut\u00f4t chaudes &#8211; 26\u00b0 en journ\u00e9e, et vu le peu de vent on tenait dehors ais\u00e9ment en t-shirt &#8211; \u00e7a s&rsquo;est bien rafra\u00eechi aujourd&rsquo;hui. On supporte la polaire. Mais au moins, c&rsquo;est sec: pas d&#8217;embruns balayant le plat bord, pas de pluie. Le ciel est bleu mais nuageux, nous profitons \u00e0 plein de la queue de d\u00e9pression plus au nord, et esp\u00e9rons faire notre premi\u00e8re journ\u00e9e a plus de 100 miles en 24 heures. Les paris sont d&rsquo;ailleurs ouverts, et tournent entre 130 et 150 miles (ce qui est, pour le coup, tr\u00e8s optimiste). Mais nous devons maintenir ce rythme soutenu, et donc esp\u00e9rer des conditions inchang\u00e9es pendant les 2 semaines qui restent, pour un atterrissage possible le 5 ou le 6 janvier. Cela promet des repas sportifs: pas facile d&rsquo;\u00e9viter les assiettes renvers\u00e9es avec la gite et les secousses. <\/p>\n<p>En attendant, la lune est \u00e0 moiti\u00e9 pleine et bien visible en plein jour. A 16h, et loin de tout, nous avons encore vu un oiseau, une sorte de grosse hirondelle qui virevolte au ras des vagues. On en voit une presque chaque jour, \u00e0 se demander si c&rsquo;est la m\u00eame qui nous suit et trouve refuge en douce, pour la nuit, sur le Gaedou. <\/p>\n<p>La nuit: on a voulu que \u00e7a souffle, on l&rsquo;a avec les cons\u00e9quences : les nuits sont nettement moins facile quand \u00e7a bouge et \u00e7a grince. Les mines en prise de quart sont renfrogn\u00e9es d&rsquo;un r\u00e9veil trop t\u00f4t pour cause de sommeil trop court, la faute au temps pour trouver la bonne position, selon qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re subir le roulis ou le tangage. Le vent n&rsquo;a pas molli de la nuit, avec m\u00eame des ris\u00e9es \u00e0 30 n\u0153uds. Sous gv avec un ris et pas de g\u00e9nois, nous tenons nos 6 n\u0153uds avec un confort relatif. En prenant le quart de nuit, en plein vent arri\u00e8re avec la houle qui nous accompagne, et sous la lumi\u00e8re de la lune,  cela donnait l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre au milieu d&rsquo;une meute de chiens qui entouraient le voilier et le d\u00e9passaient \u00e0 la course. <\/p>\n<p>Ce ne sera pas une journ\u00e9e de bronzette!  Mais quel plaisir de voir le point qui avance sur la carte!<\/p>\n<p>Dimanche 20<\/p>\n<p>Premier signe d&rsquo;activit\u00e9 humaine depuis les Canaries: nous apercevons au loin un cargo, un gros bazar type m\u00e9thanier. Il disparait tranquillement \u00e0 l&rsquo;horizon, dans un des grains qui nous entoure. Car cette matin\u00e9e continue sur le m\u00eame rythme: 15-20 n\u0153uds, et toutes les heures des mont\u00e9es dans les tours, avec passage \u00e0 23-28 n\u0153uds. On commence \u00e0 s&rsquo;habituer, et regarder avec amusement les notes des premiers jours du journal : &lsquo;ris\u00e9e \u00e0 12-13 n\u0153uds&rsquo;.<br \/>\nNous sommes plein vent arri\u00e8re, la mer a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t crois\u00e9e une bonne partie de la journ\u00e9e, avec toujours une bonne houle &#8211; moins marqu\u00e9e qu&rsquo;hier &#8211; et des vagues sur la houle. Mais pas de d\u00e9ferlantes, c&rsquo;est toujours \u00e7a. Je profite d&rsquo;un moment plus calme apr\u00e8s un grain pour \u00e9crire, on voit un peu plus de ciel bleu, mais voil\u00e0 une nouvelle ris\u00e9e qui se pointe. Il fait nettement plus frais &#8211; 20-22\u00b0 je dirais &#8211; et le mat\u00e9riel imperm\u00e9able est de sortie. <\/p>\n<p>A 11h, bruit d&rsquo;\u00e9vent \u00e0 tribord : deux, puis trois dauphins longent le Gaedou. Ils ont mieux \u00e0 faire que jouer et disparaissent aussi sec. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 une semaine que nous sommes partis. Il nous reste 2000 milles \u00e0 couvrir sur les 2700. Les 5 premiers jours ont \u00e9t\u00e9 frustrant en voile, mais depuis hier matin la moyenne est bien meilleure, 144 milles en 24 heures, 5,5 n\u0153uds de moyenne depuis minuit aujourd&rsquo;hui. Nous avons fait un inventaire rapide: il y a de l&rsquo;eau en quantit\u00e9 suffisante, en nourriture aussi; \u00e7a sera ric rac en caf\u00e9, th\u00e9 et chocolat. On survivra!<\/p>\n<p>Nous avons din\u00e9 pour la premi\u00e8re fois dans le carr\u00e9 : il faisait trop frais dehors. Et c&rsquo;est une dr\u00f4le de sensation de subir les mouvements de vague sans savoir d&rsquo;o\u00f9 ils viennent&#8230; La nuit a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s noire, venteuse, et bruyante. Pas mal de vent, des vagues, rien de bien plaisant, et un sommeil hach\u00e9 pour tous. Au r\u00e9veil nous semblons \u00eatre sortis de la zone difficile: le soleil est revenu et le vent se maintient \u00e0 15 n\u0153uds. 144 milles de parcourus en 24 heures, ce sont de bonnes moyennes ces deux derniers jours. <\/p>\n<p>Lundi 21 d\u00e9cembre<br \/>\nApres 2 jours de temps couvert, de grains, de mer plut\u00f4t difficile, le retour du soleil est salu\u00e9 par tout l&rsquo;\u00e9quipage : on ressort les shorts et les lunettes de soleil. Le vent se stabilise \u00e0 15 n\u0153uds, avec ses habituelles ris\u00e9es a 20-23, mais on s&rsquo;y habitue; les d\u00e9parts au lof, on s&rsquo;y habitue; ce qui est plus difficile, c&rsquo;est de s&rsquo;habituer \u00e0 cette cochonnerie de poulie de g\u00e9nois qui claque sans fin, \u00e0 chaque fois que le vent arri\u00e8re remplit la voile avant qu&rsquo;elle ne se d\u00e9gonfle et CLANG \u00e7a recommence en boucle. C&rsquo;est vraiment le bord le plus p\u00e9nible. <\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9jeun\u00e9 des derni\u00e8res tomates \u00e0 midi. Il ne reste plus beaucoup de produits frais, finalement nous aurions pu en prendre plus &#8211; surtout les pommes. Le frigo fonctionne sans impact majeur sur la batterie &#8211; merci l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur &#8211; et notre installation d&rsquo;un filet \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, un grand classique des travers\u00e9es, a \u00e9t\u00e9 aussi tr\u00e8s efficace pour conserver fruits et l\u00e9gumes. Les deux (frigo et filet) ont permis d&rsquo;am\u00e9liorer le quotidien. Nous allons passer \u00e0 un r\u00e9gime exclusivement de boites de conserves, que nous n&rsquo;appr\u00e9hendons pas d&rsquo;ailleurs, nous avons plut\u00f4t des bonnes surprises. Ou alors, c&rsquo;est que, comme le dit Pascal, en mer tout est bon. <\/p>\n<p>En attendant, nous avons quand m\u00eame pu savourer: \u0153ufs brouill\u00e9s aux c\u00e8pes, p\u00e2tes au chorizo, salade d&rsquo;avocats, p\u00e2tes aux champignons et cr\u00e8me, etc. on ne se laisse pas abattre. <\/p>\n<p>Ce matin, Henri trouve un encornet de 10 cms sur le plat bord. On a d\u00fb l&#8217;embarquer lors d&rsquo;une gite un peu plus marqu\u00e9e. Il est reparti dans son \u00e9l\u00e9ment. La nuit a \u00e9t\u00e9 agit\u00e9e &#8211; rien de grave -, mais je garde \u00e7a pour demain. <\/p>\n<p>Mardi 22 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>3h du matin &#8211; de la cabine, \u00e7a commence avec un grand d\u00e9rapage, les voiles qui claquent. Normalement, \u00e7a se remet tout seul en place au bout de 5-10 secondes, mais l\u00e0 \u00e7a dure et ce n&rsquo;est pas bon signe. Plus mauvais signe, le swossh de la b\u00f4me qui empanne. D&rsquo;un coup on glisse d&rsquo;un bord de la couchette \u00e0 l&rsquo;autre, pas grand-chose \u00e0 faire que de se laisser faire, c&rsquo;est une sensation amusante. Mais le vacarme a encore mont\u00e9 d&rsquo;un cran: ca faseye dans tous les sens, les voiles claquent, \u00e7a dure: pas bon signe du tout. La minute qui suit tout le monde est sur le pont, \u00e0 demander si on peut aider: on peut. C&rsquo;est la grouille: plus de prise, le g\u00e9nois s&rsquo;est enroul\u00e9 sur lui-m\u00eame et impossible de le reprendre depuis le cockpit. On part \u00e0 l&rsquo;avant (\u00e9videmment s\u00e9curis\u00e9 : gilet et longe sur la ligne de vie), il y a 25 n\u0153uds de vent et \u00e7a bouge pas mal. L&rsquo;\u00e9coute est pass\u00e9e derri\u00e8re le bout-dehors, enroul\u00e9e autour de l&rsquo;ancre, c&rsquo;est un joyeux foutoir \u00e0 d\u00e9m\u00ealer. Une fois que c&rsquo;est fait, d\u00e9rouler le g\u00e9nois a la mimine n&rsquo;est pas une mince affaire, le vent s&rsquo;engouffre dans le moindre bout de toile qui se lib\u00e8re. Ensuite il faut d\u00e9m\u00ealer les \u00e9coutes qui ont fait plusieurs tours autour de l&rsquo;\u00e9tai. Ca mouille. Retour au cockpit, un ris \u00e0 prendre maintenant &#8211; c&rsquo;est l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;optimisme de la soir\u00e9e qui nous a mis dans cette situation, nous pensions que le vent resterait aux 18-20 n\u0153uds. C&rsquo;\u00e9tait sans compter sur les grains que nous nous prenons dans la nuit, avec des pointes \u00e0 30 n\u0153uds, une mer assez pourrie, nous ne referons pas la m\u00eame erreur deux fois. Au moins la prise de ris se passe plut\u00f4t bien, nous commen\u00e7ons \u00e0 \u00eatre rod\u00e9s.<br \/>\nEt tout le monde repart \u00e0 ses occupations: fin de nuit, prise de quart ou fin de quart, et nous revoil\u00e0 repartis entre 6,5 et 7,5 n\u0153uds, \u00e0 filer sur les vagues sous les \u00e9toiles &#8211; quand les nuages s&rsquo;\u00e9cartent.<\/p>\n<p>Le matin, la mer est plus plate, le soleil est l\u00e0. Les ris\u00e9es aussi. \u00c7a secoue pour le d\u00e9jeuner de confit de canard \/ pur\u00e9e dans le carr\u00e9 : on tient son verre d&rsquo;une main et la fourchette de l&rsquo;autre pour \u00e9viter les renversements. Nous sommes condamn\u00e9s \u00e0 des nourritures qui se d\u00e9tachent \u00e0 la fourchette. <\/p>\n<p>Dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi : le bonheur, c&rsquo;est simple comme 4 carr\u00e9s de chocolat au doux soleil de d\u00e9cembre, un bon vent dans le dos et du Slade \u00e0 fond dans les enceintes. <\/p>\n<p>20:30: tout est pr\u00eat pour la nuit. Quelques nuages dans le ciel, en sortant dans le cockpit, Betelgeuse est au rendez-vous plein est. Le fin de journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 enthousiasmante : Yves regarde vers 17h la ligne qui tra\u00eene depuis le matin et que personne ne surveillait: la planche sautille! Nous ramenons la ligne pour y trouver au bout une belle dorade coryph\u00e8ne d&rsquo;un bon kilo. C&rsquo;est un peu la boucherie \u00e0 bord pour la vider et elle finit au four pour le diner. La bestiole a quand m\u00eame mordu alors que nous avancions \u00e0 6-7 n\u0153uds, de plus elle devait \u00eatre accroch\u00e9e depuis un moment car nous avions eu un doute 2 heures plus t\u00f4t. Un d\u00e9licieux diner donc, suivi d&rsquo;une d\u00e9cision radicale: nous affalons la grand-voile pour n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;au g\u00e9nois. Le confort pour une perte minime de vitesse. Beaucoup moins de d\u00e9parts au lof, plus grande stabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Il faut dire que se faire secouer depuis bient\u00f4t 3 jours par force 5, \u00e7a fatigue. <\/p>\n<p>23 d\u00e9cembre <\/p>\n<p>10 jours aujourd&rsquo;hui. Nous devrions \u00eatre \u00e0 mi-chemin le 25; nous commen\u00e7ons \u00e0 avoir des dates d&rsquo;arriv\u00e9e dans les simulations de routage. Ce sera entre le 4 et le 6, nous devrions donc avoir un ou 2 jours de tranquillit\u00e9 dans les \u00eeles avant de repartir de Martinique. <\/p>\n<p>Les journ\u00e9es passent terriblement vite: levers entre 8h pour celui qui prend le premier quart de jour et 9h30 \/ 10h pour celui qui a eu le sale quart de 3h-5h30; toilette rapide, points divers: calcul de distance parcourue sur les 24 derni\u00e8res heures, r\u00e9cup\u00e9ration du fichier m\u00e9t\u00e9o et envoi du message quotidien pat tel satellitaire ; debrief sur le cap suivi, les options, et d\u00e9cision pour la journ\u00e9e. Se rajoute \u00e0 cela le choix des voiles apr\u00e8s la nuit. Cette nuit, la d\u00e9cision de n&rsquo;avoir que le g\u00e9nois fut la bonne: nous avons eu des pointes durables \u00e0 35 n\u0153uds. M\u00eame avec un ris le Gaedou aurait souffert. Et finalement la moyenne n&rsquo;a pas trop souffert.<br \/>\nEt ce matin, nous avons test\u00e9 le gennaker tout seul, voile \u00e0 mi-chemin entre le g\u00e9nois et le spi. On y gagne en vitesse &#8211; un \u00e0 deux n\u0153uds &#8211; mais l&rsquo;instabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale augmente fortement et ce n&rsquo;est plus tenable quand les grains nous tombent dessus, ce qui arrive encore avec une certaine r\u00e9gularit\u00e9. Donc: retour au g\u00e9nois. <\/p>\n<p>Le moral est toujours l\u00e0, personne n&rsquo;exprime d&rsquo;\u00e9tats d&rsquo;\u00e2me particuliers. On voudrait tous que la mer soit un peu moins hach\u00e9e, peut-\u00eatre un vent un peu moins fort pour souffler et dormir un peu mieux, mais \u00e0 part \u00e7a les jours se suivent, se ressemblent en grosse masse mais ont ce qu&rsquo;il faut de petits \u00e9v\u00e9nements pour les \u00e9picer. On se marre bien. <\/p>\n<p>Il suffit de dire qu&rsquo;on souhaiterait un peu moins de vent pour en avoir, et se rendre compte qu&rsquo;un voilier qui avance bien c&rsquo;est quand m\u00eame agr\u00e9able. La mer est plus calme ce soir, la houle a disparu. Vers 17 heures nous avons vu nos premiers poissons volants, petits trucs bleu gris sautant d&rsquo;une vague \u00e0 l&rsquo;autre dans un brouillard de battement d&rsquo;ailes. <\/p>\n<p>Et encore une fois pendant les man\u0153uvres ce matin: une dizaine, effray\u00e9s par notre passage, qui s&rsquo;enfuient \u00e0 tire d&rsquo;aile, petites fl\u00e8ches argent\u00e9es dans le soleil du matin. <\/p>\n<p>24 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>La nuit fut courte et mouvement\u00e9e. Le vent s&rsquo;\u00e9tait bien calm\u00e9 dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi du 23 et nous nous \u00e9tions dit &#8211; \u00e0 tort &#8211; que c&rsquo;\u00e9tait le calme du 24 qui arrivait avec 18 heures d&rsquo;avance. Au lit donc avec grand-voile (un ris quand m\u00eame) et g\u00e9nois. Mauvaise pioche: nous nous sommes encore pris plusieurs grains dont un \u00e0 2 heures du matin qui nous a pouss\u00e9 \u00e0 affaler la gv, jamais tr\u00e8s confortable de nuit avec 25 n\u0153uds de vent et la mer qui va avec. Et comme \u00e7a ballotait pas mal ensuite &#8211; plein vent arri\u00e8re avec cette mer hach\u00e9e &#8211; et que la cochonnerie d&rsquo;\u00e9coute de grand-voile s&rsquo;est mise \u00e0 couiner \u00e0 chaque vague, les r\u00e9veils furent pr\u00e9matur\u00e9s et les yeux petits. Et un peu de tension due \u00e0 la fatigue, surtout que nous avons eu des probl\u00e8mes avec le gennaker, qui ont m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9 un travail de couture (\u00e0 la pince) de Pascal. <\/p>\n<p>Heureusement, le beau temps est revenu, le vent est l\u00e0 mais plus maitrisable (15 n\u0153uds), fin des grains, ciel bleu, on ressort les shorts et les lunettes de soleil et on rentre les polaires (jusqu&rsquo;\u00e0 la nuit). Nous voyons de plus en plus de poissons volants: certains font des vols de 100 m\u00e8tres, ajustent leur trajectoire en plein vol: c&rsquo;est tout \u00e0 fait fascinant. On en a retrouv\u00e9 un \u00e0 l&rsquo;avant du Gaedou, victime d&rsquo;une collision. <\/p>\n<p>Beaucoup de discussions sur la strat\u00e9gie de route: les routages avec pr\u00e9visions \u00e0 16 jours nous disent d&rsquo;aller plein ouest pendant 3 jours avant de descendre sud-ouest, plut\u00f4t que notre route actuelle sud sud ouest. C&rsquo;est la diff\u00e9rence entre le virtuel et la r\u00e9alit\u00e9 : le cap plein ouest est dur \u00e0 tenir et clairement moins confort car plein vent arri\u00e8re. Cependant nous ajustons sous peu sur ce cap plein ouest pour profiter d&rsquo;un changement annonc\u00e9 de vent au nord-est. Et apr\u00e8s deux jours et demi de ce plein ouest, ce sera cap sud-ouest non-stop jusqu&rsquo;aux Antilles. <\/p>\n<p>Ce soir, r\u00e9veillon \u00e0 bord.<\/p>\n<p>24 au soir, 25 d\u00e9cembre <\/p>\n<p>Henri pr\u00e9pare le r\u00e9veillon : confit de canard, pommes de terre saut\u00e9es, haricots. Un petit Gigondas pour agr\u00e9menter le tout. Nous dinons dans le cockpit, la mer est calme, peu de vent, les conditions sont id\u00e9ales pour un diner tranquille. Le temps s&rsquo;est bien calm\u00e9, comme le disaient les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o, et c&rsquo;est un r\u00e9pit appr\u00e9ci\u00e9 par tous: moins de bruit, moins de mouvements erratiques, moins (plus) de grains. Le coucher de soleil est superbe. Les couleurs du ciel ont la douceur d&rsquo;un tableau de Poussin, passant d&rsquo;un rose d\u00e9licat \u00e0 un bleu l\u00e9ger. <\/p>\n<p>Les quarts sont plus apais\u00e9s- on s&rsquo;ennuierait presque &#8211; mais le 25 au matin tout l&rsquo;\u00e9quipage peut t\u00e9moigner d&rsquo;un sommeil plus profond que les nuits pass\u00e9es. Les sourires sont l\u00e0 d\u00e8s le matin. <\/p>\n<p>Nous commen\u00e7ons la journ\u00e9e par la distribution de cadeaux de no\u00ebl, puis c&rsquo;est la bulle totale: avec 8-10 n\u0153uds de vent, sous gennaker seulement, nous avan\u00e7ons \u00e0 4-5 n\u0153uds. Le ciel est bleu avec quelques nuages, le soleil est l\u00e0 et il fait chaud. Matin\u00e9e de lecture tr\u00e8s tranquille. Nous d\u00e9jeunons des derni\u00e8res denr\u00e9es fra\u00eeches (tomates, \u0153ufs, avocats), avant de profiter de l&rsquo;absence de vent et de la chaleur pour nous baigner, quasiment \u00e0 mi-chemin entre les Canaries et les Antilles (nous serons effectivement \u00e0 mi-chemin \u00e0 minuit ce soir). L&rsquo;eau est douce et nous en profitons pour nous laver au-del\u00e0 de la toilette de chat des autres jours. Il est possible que nous n\u2019ayons plus l&rsquo;occasion d&rsquo;un bain en pleine mer: d\u00e8s demain, c&rsquo;est le retour du vent qui devrait nous porter &#8211; normalement &#8211; d&rsquo;une traite jusqu&rsquo;au Tobago Cays &#8211; ou la Martinique si nous sommes trop courts en temps. <\/p>\n<p>A 21h, nous franchissons la barre symbolique de mi-parcours: 2700 milles \u00e0 parcourir, 1350 d&rsquo;effectu\u00e9s en un peu plus de 12 jours. Apr\u00e8s 4-5 jours de frustration par manque de vent, puis 4-5 jours assez \u00e9prouvants du fait des conditions de mer, nous venons d&rsquo;avoir 36 heures de pause bienvenue et normalement devrions repartir avec du vent demain le 26. Si tout va bien, et sans arr\u00eat de vent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e; nous devrions donc mettre un peu moins de 12 jours pour la deuxi\u00e8me partie. <\/p>\n<p>Une belle journ\u00e9e de no\u00ebl !<\/p>\n<p>26 d\u00e9cembre<br \/>\nLa journ\u00e9e du 25 se finit dans le cockpit, \u00e0 admirer le lever de la pleine lune plein est. Puis chacun part \u00e0 sa cabine: les quarts de nuit peuvent commencer. A part un grain \u00e0 3h du matin, qui dure 5 minutes mais oblige \u00e0 rentrer le g\u00e9nois en urgence, la nuit est calme, trop calme. Avec moins de 10 n\u0153uds de vent arri\u00e8re, nous revenons aux sales allures o\u00f9 le g\u00e9nois claque du manque de vent et le Gaedou est ballot\u00e9 par les vagues. Le vent se l\u00e8ve avec le soleil, timidement. Les pr\u00e9visions annoncent du vent \u00e0 partir de la mi-journ\u00e9e, mais nous n&rsquo;avions pas pr\u00e9vu la pluie du matin. Un gros nuage nous suit toute la matin\u00e9e et \u00e7a tombe dru par moment. Nous avons quand m\u00eame droit \u00e0 un superbe arc-en-ciel quasi complet, d&rsquo;une belle densit\u00e9 de couleurs et double \u00e0 un bout. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quipage est fatigu\u00e9, le rapport au temps \u00e0 bord est tr\u00e8s particulier. Les journ\u00e9es sont tr\u00e8s hach\u00e9es et relativement courtes: les levers se font entre 8h30 et 10h, \u00e0 20h il fait nuit et certains se couchent directement, selon leurs heures de quart. Le quart de nuit &#8211; 2h30, \u00e0 partir de 22h, et tournant chaque jour &#8211; fait que nos nuits sont toutes coup\u00e9es \u00e0 des moments diff\u00e9rents chaque nuit. A cela se rajoutent les r\u00e9veils hors quart quand le bruit indique une situation critique, et qu&rsquo;il faut donner un coup de main dynamique \u00e0 peine r\u00e9veill\u00e9. Pas facile de se rendormir directement ensuite, et ce sont encore des heures de sommeil de perdues. En journ\u00e9e, chacun fait une sieste quand il peut, ce qui rajoute au manque de rythme g\u00e9n\u00e9ral. A cela se rajoute l&rsquo;ajustement de l&rsquo;horloge de bord tous les 2 \u00e0 3 jours: pour prendre en compte notre avance vers l&rsquo;ouest, nous enlevons 30 minutes tous les 5 degr\u00e9s de longitude. Ce qui d\u00e9cale \u00e0 nouveau le rythme.<br \/>\nEn gros, on est en permanence \u00e0 essayer de rattraper un certain manque de sommeil, toujours \u00e0 peine r\u00e9veill\u00e9 ou en passe d&rsquo;aller dormir. <\/p>\n<p>A 14h30, nous avons la visite d&rsquo;une dizaine de dauphins pendant 10 minutes. Ils sont plus petits que ceux des Canaries, passent et repassent devant l&rsquo;\u00e9trave et disparaissent soudainement. Mais il y a des journ\u00e9es o\u00f9 tout conspire \u00e0 toucher au moral: nous sommes loin de tout, \u00e0 mi-chemin \u00e0 peine d\u00e9pass\u00e9, et nous voil\u00e0 avec 6 n\u0153uds de vent, une pluie battante, et m\u00eame Yves (!!) met spontan\u00e9ment le moteur pour s&rsquo;\u00e9chapper de cette nasse. Une heure plus tard, le ciel ne s&rsquo;est pas d\u00e9gag\u00e9 mais le vent est revenu, et toujours sous la pluie nous continuons notre route. La nuit se passe au g\u00e9nois, sans histoire, mais de beau ciel \u00e9toil\u00e9 : nous sommes suivis par une d\u00e9pression. Nous attendons tous le retour du beau temps!<\/p>\n<p>27 d\u00e9cembre<br \/>\nJe vous \u00e9cris \u00e0 mille milles de toute terre. Petite croix au milieu de l&rsquo;oc\u00e9an d&rsquo;une carte d\u00e9pli\u00e9e, petit point bleu dans le logiciel m\u00e9t\u00e9o, petit voilier sch\u00e9matique sur une carte en ligne, loin de tout, dans le d\u00e9sert liquide. D\u00e9sert liquide et plafond bas, averses fr\u00e9quentes et cuisine acrobatique, man\u0153uvres huil\u00e9es d&rsquo;\u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9es chaque jour, \u00e9quipage fatigu\u00e9 qui sait qu&rsquo;il a encore 10 jours devant lui.<br \/>\nA mille milles de toute terre, il faut flotter ou nager pour survivre. Et ainsi cet oiseau, cette grosse hirondelle, que nous voyons tous les jours \u00e0 virevolter au-dessus des vagues, est un myst\u00e8re : se pose-t-il la nuit? Si oui, quand? Nous l&rsquo;avons aussi vu passer, fant\u00f4me \u00e9clair, de nuit \u00e0 fr\u00f4ler l&rsquo;arri\u00e8re du Gaedou.<br \/>\nJe vous \u00e9cris de deux semaines \u00e0 bord, deux semaines d&rsquo;une routine \u00e9trange par ses exceptions, ses travaux permanents dont Pascal est le ma\u00eetre: couture, r\u00e9parations diverses, d\u00e9m\u00ealage de ligne de p\u00eache. Deux semaines de cuisine (et de vaisselle) souvent acrobatique, un pied coinc\u00e9 contre le pied de mat, le bassin en opposition contre l&rsquo;\u00e9vier, \u00e0 pr\u00e9parer les repas qui remontent le moral: l\u00e0, Henri nous a r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9gal\u00e9 lors de ses tours aux fourneaux. Deux semaines de points m\u00e9t\u00e9os et de discussions parfois anim\u00e9es sur la strat\u00e9gie de route, entre Yves et Thomas. Deux semaines de vie \u00e0 bord, \u00e0 lire (beaucoup), \u00e0 regarder des films (de plus en plus), dormir, discuter. Et sans acc\u00e8s de mauvaise humeur de quiconque!<br \/>\nNous avons envoy\u00e9 une bouteille \u00e0 la mer hier, avec le point GPS et une adresse mail, en esp\u00e9rant que la bouteille arrive sur une c\u00f4te, qu&rsquo;elle soit r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par quelqu&rsquo;un qui parle anglais, comprendra notre message et nous dira quand et o\u00f9 la bouteille a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e. A suivre!<\/p>\n<p>Le soleil est revenu aujourd&rsquo;hui, et avec lui un peu de chaleur. Le moral repart, la mer est moins d\u00e9mont\u00e9e et nous sommes donc moins ballott\u00e9s, tout en maintenant une bonne moyenne entre 6,5 et 7 n\u0153uds. <\/p>\n<p>Et chaque soir, nous discutons de la strat\u00e9gie de nuit: rester toil\u00e9 pour grignoter plus de milles, mais risquer le r\u00e9veil brutal en cas de grain qui d\u00e9rape, ou diminuer la voilure pour un sommeil assur\u00e9 mais une performance moindre. Nous avons tendance \u00e0 choisir la deuxi\u00e8me option apr\u00e8s quelques alertes les nuits pass\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 28 d\u00e9cembre<br \/>\nLa derni\u00e8re ligne droite. Le dernier cap, 261 compas \/ 240 r\u00e9el (il y a 17 degr\u00e9s d&rsquo;\u00e9cart entre le p\u00f4le nord et le magn\u00e9tique l\u00e0 o\u00f9 nous sommes! Plus 4 degr\u00e9s d&rsquo;\u00e9talonnage \/ correction \/ ind\u00e9termin\u00e9). Et c&rsquo;est une bonne nouvelle car nous sommes maintenant sur un bord grand largue &#8211; \u00e7a ballote moins que le vent arri\u00e8re &#8211; avec du vent stable \u00e0 18-20 n\u0153uds depuis hier &#8211; \u00e7a avance bien &#8211; et on se retrouve donc avec de la visibilit\u00e9 sur les jours \u00e0 venir et des conditions de voile de qualit\u00e9. Il fait beau, il commence \u00e0  faire vraiment chaud, l&rsquo;eau de mer se r\u00e9chauffe aussi (elle doit \u00eatre \u00e0 23-24). La mer est d&rsquo;un bleu profond, il y a des vagues, mais il n&rsquo;y a plus cette houle qui nous \u00e9puisait. Et toujours les poissons volants qui s&rsquo;enfuient \u00e0 notre passage.<br \/>\nLa nuit du 27 au 28 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 excellente car le vent avait l\u00e9g\u00e8rement tourn\u00e9, mais le moral est l\u00e0 quand on voit ce qu&rsquo;il y a au bout de la ligne droite: les Cays. Si tout se maintient comme pr\u00e9vu, nous y serions le 5 janvier. On croise les doigts. <\/p>\n<p>Nous sommes tr\u00e8s aid\u00e9s par la technologie \u00e0 bord. Je vais faire une pr\u00e9sentation des \u00e9quipements qui nous facilitent la vie au quotidien. Aujourd&rsquo;hui, le grand confort, notre cinqui\u00e8me passager (non clandestin) de nationalit\u00e9 allemande ou hongroise (ce n&rsquo;est pas bien clair, vu son nom : Otto Pilot), celui qui est fid\u00e8le au poste &#8211; jour et nuit, qui ob\u00e9it \u00e0 nos ordres sans rechigner, notre pilote automatique. On pose le cap, et hop, il g\u00e8re. Par de subtils ajustements de la barre, il trace une route que nous aurions du mal \u00e0 tracer si nous tenions la barre. L&rsquo;efficacit\u00e9 est redoutable pour g\u00e9rer les sautes de vent, les surfs sur les vagues, etc. Il lui arrive de se plaindre: une ris\u00e9e trop appuy\u00e9e et c&rsquo;est le d\u00e9part au lof qui, si le vent se maintient, rend le Gaedou incontr\u00f4lable : il bip, on reprend la main, on fait ce qu&rsquo;on peut et hop on recolle le cap \u00e0 suivre. Les quarts sont donc bien plus une veille en cas de p\u00e9pin, un ajustement des voiles ou du cap selon les changements de condition de vent, qu&rsquo;une tenue de la barre. Merci Otto. <\/p>\n<p>29 d\u00e9cembre (30\/12 11:30 TU: 19\u00b0 42&prime; 11\u00a0\u00bb N 48\u00b0 38&prime; 52\u00a0\u00bb W)<\/p>\n<p>On s&rsquo;est lev\u00e9 \u00e0 8h. Yves, Henri et Pascal ont pris leur petit-d\u00e9jeuner. Thomas n&rsquo;a rien pris. Il fait beau. On a fait la toilette du matin. En affalant la grand-voile Pascal a trouv\u00e9 une d\u00e9chirure. On l&rsquo;a r\u00e9par\u00e9. Henri a pr\u00e9par\u00e9 le d\u00e9jeuner. C&rsquo;\u00e9tait bon. On n&rsquo;est pas au bon cap, c&rsquo;est \u00e9nervant, il va falloir ajuster. On attend un vent d&rsquo;est franc.<\/p>\n<p>L&rsquo;oc\u00e9an est vraiment grand. Et plut\u00f4t monotone. Nous voudrions tous \u00eatre arriv\u00e9s. La travers\u00e9e est un exercice physique inattendu : gestion de la fatigue et gestion de la douleur. Chacun a mal quelque part, qui aux jambes, au dos, aux mains, aux pieds&#8230; Je ne reviendrai pas sur la fatigue. Au final, je ne sais pas si nos chakras seront ouverts en grand apr\u00e8s cette exp\u00e9rience, mais il n&rsquo;est pas \u00e9vident que nous souhaitions la renouveler tout de suite. <\/p>\n<p>Le beau temps se maintient, il fait 27\u00b0 et un ciel d\u00e9licatement pommel\u00e9. Les poissons volants s&rsquo;enfuient par bancs, s&rsquo;expulsant soudainement d&rsquo;une vague pour disparaitre dans une autre, ou ajuster le cap au gr\u00e9 de la ris\u00e9e. Le vent nous fait des mis\u00e8res, refusant d\u00e9cid\u00e9ment de ne pas \u00eatre vent arri\u00e8re. Nous n&rsquo;arrivons pas aux allures souhait\u00e9es, c&rsquo;est un peu frustrant. Mais surtout cela a un impact sur la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 de notre deuxi\u00e8me soutien \u00e0 bord : l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur Watt&rsquo;n&rsquo;sea. Une petite h\u00e9lice plong\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re du bateau qui tourne tout le temps, rechargeant les batteries qui nous permettent de faire fonctionner Otto, la VHF, le GPS de bord, les feux de navigation, les lumi\u00e8res de la cabine, et enfin les recharges de tout l&rsquo;attirail \u00e9lectronique de confort &#8211; tablettes, ordinateur, liseuses, etc. Le r\u00e9frig\u00e9rateur est optionnel &#8211; et d&rsquo;ailleurs il est d\u00e9branch\u00e9 depuis plusieurs jours: tout d&rsquo;abord, il n&rsquo;y a plus de denr\u00e9es fra\u00eeches, et ensuite notre vitesse \u00e0 5 n\u0153uds ne permet une pleine capacit\u00e9 de charge: c&rsquo;est \u00e0 partir de 6 n\u0153uds que la fr\u00e9quence augmente, on entend le bruit aigu de moteur \u00e9lectrique lanc\u00e9 \u00e0 pleine vitesse qui r\u00e9sonne dans tout le bateau. Et qu&rsquo;on entend m\u00eame avec les bouchons d&rsquo;oreille, la nuit. Mais c&rsquo;est aussi un bruit rassurant quand on l&rsquo;entend: c&rsquo;est un signe clair qu&rsquo;on avance. <\/p>\n<p>La nuit tombe et nous dinons dans le carr\u00e9 : il pleut dehors. En sortant prendre le quart, la nuit est noire, la lune ne s&rsquo;est pas encore lev\u00e9e et le ciel est tr\u00e8s nuageux. Il y a un certain vacarme qui contraste avec le calme &#8211; relatif &#8211; de l&rsquo;int\u00e9rieur. Dehors, c&rsquo;est 25 n\u0153uds de vent arri\u00e8re, le retour des vagues et de la houle. \u00c7a pousse bien seulement avec le g\u00e9nois. Au bout d&rsquo;une heure, et en 5 minutes, comme un coup d&rsquo;\u00e9ponge, le ciel se d\u00e9gage et les \u00e9toiles apparaissent &#8211; enfin un ciel \u00e9toil\u00e9 profond! Ca ne dure h\u00e9las pas longtemps et la nuit se passe \u00e0 un train d&rsquo;enfer. <\/p>\n<p>30 d\u00e9cembre<br \/>\nOn ne sortira pas de l&rsquo;essoreuse : quand ce fameux dernier cap \u00e9tait atteint, nous devions enfin profiter d&rsquo;un grand largue qui aurait stabilis\u00e9 le voilier. Que nenni. Nous avons beau avoir un cap au 240, nous sommes toujours vent arri\u00e8re, avec le retour de la grosse houle en prime pour ce matin. Et c&rsquo;est donc reparti \u00e0 se faire secouer dans tous les sens. <\/p>\n<p>Voile \u00e0 b\u00e2bord! A l&rsquo;horizon, un pinceau de voile apparait. Ils nous contactent par VHF: des fran\u00e7ais sur un trimaran, le Tifoufou. Ils sont deux \u00e0 bord, partis de Lanzarote, direction Saint Barth pour ensuite deux semaines dans les iles. Nous sommes d&rsquo;accord, les conditions de mer sont \u00e9prouvantes ! Il ne leur reste que 5 jours de mer, les veinards. <\/p>\n<p>Autre (tr\u00e8s l\u00e9ger) changement: nous voyons des algues dans l&rsquo;eau. Moins sexy que les poissons volants &#8211; toujours l\u00e0 bien s\u00fbr. Et l&rsquo;eau de mer est clairement plus chaude, on le sent bien quand on pompe l&rsquo;eau pour la vaisselle. <\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier technologique du bord, c&rsquo;est la communication: le t\u00e9l\u00e9phone satellitaire &#8211; un iridium de location &#8211; et tout ce qui va autour, \u00e0 savoir: une borne wifi sp\u00e9ciale, l\u2019iPad qui dispose des logiciels ad hoc, le convertisseur 12v &#8211; 220v car la pile de la borne wifi est en rade. Et donc tous les matins le rituel est le suivant: sur l\u2019iPad, par rapport au point GPS, d\u00e9finir la zone de pr\u00e9vision m\u00e9t\u00e9o \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer. Le logiciel donne le poids du fichier qui va \u00eatre t\u00e9l\u00e9charg\u00e9, une donn\u00e9e essentielle car le d\u00e9bit est faible et les satellites passent vite au-dessus de nos t\u00eates ce qui coupe le lien et oblige \u00e0 un deuxi\u00e8me appel en cas de fichier trop gros. Le poids du fichier (15-20 ko) d\u00e9pend de la taille de la zone demand\u00e9e, du nombre de jours de pr\u00e9visions, du d\u00e9tail des pr\u00e9visions, etc. Cela d\u00e9clenche un email qui va \u00eatre envoy\u00e9 \u00e0 un service &#8211; gratuit &#8211; qui fournit les pr\u00e9visions. Je compl\u00e8te du mail de la chronique de la veille, et d&rsquo;un mail de point pour Yves D qui assure le routage \u00e0 terre et la mise \u00e0 jour de la carte avec ces chroniques (merci Yves!). Yves nous a pr\u00e9par\u00e9, par rapport au point de la veille et sur la base de pr\u00e9visions sur tout l&rsquo;Atlantique sur 16 jours, la route optimum \u00e0 suivre. Je branche le foutoir: t\u00e9l\u00e9phone connect\u00e9 en USB \u00e0 la borne wifi, non sans avoir v\u00e9rifi\u00e9 qu&rsquo;il y avait bien un satellite au-dessus (le logiciel sur iPad fait d\u00e9filer les satellites, c&rsquo;est tr\u00e8s amusant). Et un bras en l&rsquo;air avec le t\u00e9l\u00e9phone pour une r\u00e9ception optimale, on lance la demande d&rsquo;envoi de mails. \u00c7a dure 2-3 minutes, le temps de recevoir les mails de pr\u00e9visions et tout se coupe. On range le foutoir, place \u00e0 l&rsquo;analyse de l&rsquo;\u00e9volution de la m\u00e9t\u00e9o et de la route d\u2019Yves sur le PC de bord, et les discussions sur la strat\u00e9gie de route. \u00c7a a l&rsquo;air compliqu\u00e9, mais c&rsquo;est \u00e9tonnamment simple et robuste. Il semblerait cependant, dixit le loueur de t\u00e9l\u00e9phone, que peu de gens sont int\u00e9ress\u00e9s par la partie donn\u00e9es (fichiers m\u00e9t\u00e9o), et que l&rsquo;utilisation habituelle se limite aux appels t\u00e9l\u00e9phoniques et aux sms. Nous sommes des perfectionnistes. <\/p>\n<p>Et le Tifoufou disparait sur l&rsquo;horizon, la trinquette et deux ris dans la gv, \u00e0 bien secouer malgr\u00e9 les flotteurs. <\/p>\n<p>Le 31 d\u00e9cembre<br \/>\nBonne ann\u00e9e \u00e0 tous! Meilleurs v\u0153ux depuis l&rsquo;Atlantique!<\/p>\n<p>Notre r\u00e9veillon (une affaire bien calme, rien de particulier) a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9 par une nouvelle avarie: la drisse de g\u00e9nois a l\u00e2ch\u00e9, sectionn\u00e9e en t\u00eate de mat. A moins d&rsquo;utiliser la drisse de gennaker, ce qui n&rsquo;est pas id\u00e9al vu sa position par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9tai, nous ne pouvons plus envoyer le g\u00e9nois. Cela impact notre vitesse mais surtout nous oblige \u00e0 des r\u00e9parations plus lourdes, et surtout \u00e0 monter en t\u00eate de m\u00e2t pour repasser une drisse, ce qui ne sera pas pratique en pleine mer vu la houle. Et il y a d&rsquo;autres r\u00e9parations \u00e0 effectuer &#8211; renforcer la couture de la d\u00e9chirure de la grand-voile, par exemple. Ce matin du 1er, nous prenons donc la d\u00e9cision d&rsquo;aller directement \u00e0 la Martinique sans passer par la case Tobago Cays. Cela \u00e9courte le trajet de deux jours: une journ\u00e9e pour le premier mouillage et une journ\u00e9e pour aller des Cays \u00e0 la Martinique. Et nous donnera donc plus de temps pour \u00e9valuer les r\u00e9parations \u00e0 faire et trouver quelqu&rsquo;un pour les faire. <\/p>\n<p>Mais le moral est toujours l\u00e0.<\/p>\n<p>Je reprends le texte \u00e9crit hier:<br \/>\nEncore une nuit du 30 au 31 calme en vent, m\u00eame si Henri s&rsquo;est pris un grain avec une pointe de vent \u00e0 38 n\u0153uds &#8211; le record de la travers\u00e9e pour l&rsquo;instant &#8211; et le gennaker a un petit p\u00e9pin au moment d&rsquo;\u00eatre rentr\u00e9 pour cause de saute de vent. Le point d&rsquo;amure a l\u00e2ch\u00e9, et un gennaker attach\u00e9 seulement par son point de drisse et ses \u00e9coutes, qui vole au-dessus du mat en pleine nuit avec Yves qui se bat pour le ramener, c&rsquo;est impressionnant. Pascal a pass\u00e9 une bonne partie de la journ\u00e9e sur de nouveaux travaux de couture pour r\u00e9parer ce qui avait l\u00e2ch\u00e9. <\/p>\n<p>J&rsquo;avais \u00e9voqu\u00e9 les options de toile pour la nuit: vu la performance de la nuit pass\u00e9e, avec une distance assez pitoyable en ne restant que sous g\u00e9nois, nous passons \u00e0 une strat\u00e9gie plus agressive, avec gv et un ris plus g\u00e9nois. Le vent a l\u00e9g\u00e8rement tourn\u00e9 et nous permet d&rsquo;\u00eatre sur un grand largue, la journ\u00e9e se passe entre 6,5 et 7 n\u0153uds et les projections d&rsquo;arriv\u00e9e s&rsquo;en trouvent nettement modifi\u00e9es. Donc, fini les quarts p\u00e9p\u00e8re \u00e0 se regarder un film dans le cockpit en attendant que le temps passe, on veut arriver le 5.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;arsenal techno qui facilite la travers\u00e9e, nous avons \u00e9videmment du divertissement en quantit\u00e9 : un disque dur de films, des dizaines de livres pour liseuse, de la musique en veux-tu en voil\u00e0. Cela assure l&rsquo;animation et nous \u00e9changeons nos avis sur les films lors du quart de tel ou tel. <\/p>\n<p>Et aujourd&rsquo;hui, les prises de quart sont perturb\u00e9es par les r\u00e9parations, mais chacun compense. Tout est plus dynamique et facile \u00e0 bord d&rsquo;un voilier qui avance, malgr\u00e9 une mer un peu chaotique. Mais le beau temps persistent, la temp\u00e9rature douce et la progression notable ram\u00e8ne le sourire \u00e0 tous. <\/p>\n<p>Rien de bien notable aujourd&rsquo;hui : un nouvel oiseau est apparu, ressemblant \u00e0 un go\u00e9land que l&rsquo;oiseau des jours pass\u00e9s. Les algues se font plus nombreuses, et c&rsquo;est \u00e9tonnant : elles sont align\u00e9es en plusieurs traits \u00e0 la surface, dans le sens du vent. <\/p>\n<p>Une pr\u00e9cision d\u2019Yves sur le d\u00e9calage entre le compas et le cap r\u00e9el : j&rsquo;avais indiqu\u00e9 20\u00b0 d&rsquo;\u00e9cart, dont 17\u00b0 de d\u00e9viation magn\u00e9tique et 3\u00b0 non d\u00e9termin\u00e9s. Yves rappelle qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien du courant qui nous d\u00e9vie de ces 3\u00b0. <\/p>\n<p>1er janvier<br \/>\nLa nuit du 31 au 1er a eu son lot d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, avec la rentr\u00e9e en cabine du g\u00e9nois \u00e0 minuit, et un vent bien \u00e9tabli \u00e0 25 n\u0153uds qui nous a oblig\u00e9 \u00e0 surveiller le Gaedou comme le lait sur le feu. Pas de films lors des quarts, mais de superbes ciels par moments. <\/p>\n<p>Le matin venu, Yves et Pascal s&rsquo;allongent \u00e0 l&rsquo;avant pour observer d&rsquo;en bas ce qui a pu se passer en haut. Cela reste un myst\u00e8re : toutes les parties semblent fonctionner correctement, le point de cisaillement ne semble pas \u00eatre en contact avec quoi que ce soir, et pourtant la drisse est coup\u00e9e nette. <\/p>\n<p>Et c&rsquo;est alors qu&rsquo;Henri dit qu&rsquo;il a vu un requin. Enfin, un requin, un aileron. On regarde plus pr\u00e9cis\u00e9ment, et le spectacle commence. Pendant pr\u00e8s d&rsquo;une heure, ce qui doit \u00eatre des baleines passent sur le c\u00f4t\u00e9 du Gaedou, a un ou m\u00e8tres de profondeur, sortant \u00e9pisodiquement &#8211; on voit alors tr\u00e8s nettement un petit aileron dorsal juste avant la caudale, bien horizontale, signe de c\u00e9tac\u00e9s &#8211; pour ensuite tourner devant, certaines faisant une rotation sur elles-m\u00eames, nous montrant leur ventre blanc qui luit dans le bleu de l&rsquo;oc\u00e9an, pour faire un grand tour et repasser. Et nous en voyons des dizaines. Elles font entre 3 et 5 m\u00e8tres de long, avec des nageoires lat\u00e9rales blanches en forme de pelle (et non les affin\u00e9es des dauphins). On les voit de loin, en transparence dans le haut de la houle o\u00f9 elles semblent surfer de l&rsquo;int\u00e9rieur de la vague. Certaines plongent avant de passer devant le voilier. Le tout est beaucoup plus zen qu&rsquo;avec les dauphins jouant avec l&rsquo;\u00e9trave : l\u00e0, on entend \u00e0 peine le bruit de l&rsquo;\u00e9vent quand elles sortent respirer, seules deux baleines sortent leurs t\u00eates sur les dizaines qui nous d\u00e9passent. Un moment magique. <\/p>\n<p>Yves et Pascal finissent la bascule sur la drisse de gennaker et nous voil\u00e0 \u00e0 continuer notre chemin vers la Martinique. Le vent est moyen et nous n&rsquo;avan\u00e7ons que mollement. A croire que l&rsquo;oc\u00e9an ne veut pas nous voir boucler cette travers\u00e9e. <\/p>\n<p>Et si la journ\u00e9e se finit sur un faux rythme, 15-17 n\u0153uds de vent pour 4,8 \/ 5 n\u0153uds de moyenne, soit moins que les 5,3 que nous visons, nous nous rattrapons sur les quarts de nuit \u00e0 partir de 3h, ou apr\u00e8s une pluie diluvienne de 10&prime;, le ciel s&rsquo;\u00e9claircit, le vent reprend \u00e0 nos 20 n\u0153uds pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, tourne l\u00e9g\u00e8rement pour permettre un grand largue, et nous voil\u00e0 \u00e0 6,5 de moyenne sans effort. <\/p>\n<p>2 janvier<\/p>\n<p>Nous avons enfin, sur ces derniers jours, le temps que nous pensions avoir sur la majeure partie de la travers\u00e9e : mer relativement calme, largue limite vent arri\u00e8re, grand bleu et chaleur, 15-20 n\u0153uds de vent. Ca ressemble tout de suite plus \u00e0 des vacances! Il fait 30\u00b0 dans le carr\u00e9 en journ\u00e9e. Mais la choucroute est la bienvenue au d\u00e9jeuner, \u00e7a nourrit rapidement et efficacement.<br \/>\nPetite inqui\u00e9tude avec les batteries qui couinent de plus en plus r\u00e9guli\u00e8rement, indiquant un niveau de charge bas. Nous nous demandons d&rsquo;o\u00f9 \u00e7a peut venir, et c&rsquo;est parti pour une \u00e9conomie de consommation drastique : nous d\u00e9sactivons Otto, pendant 2 quarts pour essayer. C&rsquo;est finalement bon de reprendre la main sur la barre: nous n&rsquo;y touchons que pendant les moments de crise, quand le pilote ne sait plus reprendre le morceau. Nous allons faire des phases de barre plus souvent pour recharger les batteries plus nettement &#8211; sans faire tourner le moteur. <\/p>\n<p>Les conditions de navigation sont belles et nous pr\u00e9voyons une arriv\u00e9e en milieu de journ\u00e9e le 5. Demain matin, nous devrions apercevoir une plateforme offshore indiqu\u00e9e sur la carte. Les algues se font plus nombreuses, il y a maintenant des plaques brun\u00e2tres sur la mer bleu profond; les poissons volants s&rsquo;\u00e9chappent de notre sillage, il suffit presque de lever les yeux pour en voir. <\/p>\n<p>Un des derniers aspects de la vie \u00e0 bord est l&rsquo;hygi\u00e8ne : il n&rsquo;y a bien s\u00fbr pas de douche (la r\u00e9serve d&rsquo;eau douce est de 300 litres, que nous utilisons parcimonieusement). La toilette se fait donc avec des lingettes, ou si le temps est chaud, avec le seau d&rsquo;eau de mer. Dans tous les cas \u00e7a reste sommaire, mais personne ne se plaint. Nous devons tous \u00eatre habitu\u00e9s de l&rsquo;odeur des autres, ou alors l&rsquo;\u00e9quipage est tr\u00e8s bien \u00e9lev\u00e9. Il y a s\u00fbrement un peu des deux.<br \/>\nPour la lessive, un seau d&rsquo;eau de mer, du Mir express, on frotte un peu et le rin\u00e7age se fait en laissant trainer le v\u00eatement \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re du bateau. Efficace pour un rin\u00e7age \u00e0 grande eau. Les bastingages servent de fil \u00e0 linge, mais m\u00eame plusieurs heures de s\u00e9chage au soleil et dans le vent ne permettent pas d&rsquo;avoir des v\u00eatements parfaitement sec. Il reste toujours une humidit\u00e9 r\u00e9siduelle, m\u00eame minime. <\/p>\n<p>La nuit fut extr\u00eamement calme. Pas de grain, vent stable \u00e0 15-17 n\u0153uds, mer calme. Nous avan\u00e7ons \u00e0 un rythme de s\u00e9nateur, et perdons dans la nuit l&rsquo;avance que nous avons prise dans la journ\u00e9e. Demain en fin de journ\u00e9e nous devrions \u00eatre en vue de la Martinique.<\/p>\n<p>3 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>3 semaines \u00e0 bord aujourd&rsquo;hui. Yves pr\u00e9pare le d\u00e9jeuner en nous mettant un morceau de musique un peu funky. Au menu, poireaux en entr\u00e9e, cassoulet, fromage avec biscotte; jambon belotta en ap\u00e9ritif. Le temps est plus couvert aujourd&rsquo;hui et donc un peu plus frais. Le vent est r\u00e9gulier, nous avons l&rsquo;arriv\u00e9e en t\u00eate \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;avoir la terre en vue.<\/p>\n<p>Les avis exprim\u00e9s spontan\u00e9ment : Yves continuerait bien au-del\u00e0 des 48 heures qu&rsquo;il nous reste; Pascal en a un peu plein le dos, Thomas n&rsquo;est pas m\u00e9content qu&rsquo;on arrive. Henri ne dit rien. <\/p>\n<p>Nous \u00e9voquons ce qui nous manque: la bouffe revient tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement. Une bonne grillade, des frites, du pain frais, du beurre&#8230; Des chips! Nous avons eu des plats plut\u00f4t vari\u00e9s, des conserves surprenantes de qualit\u00e9, mais la r\u00e9p\u00e9tition commence \u00e0 lasser, et l&rsquo;absence de fruit frais se fait sentir. Autre manque \u00e9videmment : la douche.<\/p>\n<p>Nous ne nous rendons presque plus compte des r\u00e9flexes permanents pour compenser les mouvements du bateau: d\u00e9jeuner en tenant son verre, se coincer en tension entre deux cloisons pour enfiler son pantalon&#8230; Yves a eu une r\u00e9action en voyant, dans un film, une personne poser son verre et le l\u00e2cher &#8211; et se disant Tiens-le! Il va tomber!<br \/>\nNous nous demandions si nous ne serions pas atrophi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e, ce ne sera pas le cas. Cette tension de tous les instants est aussi une des causes des courbatures des deux premi\u00e8res semaines. <\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 tension \u00e0 bord, en revanche, rien \u00e0 signaler: aucune engueulade sur 3 semaines. Finalement, les deux premi\u00e8res semaines sont pass\u00e9es tr\u00e8s vite, et nous avons eu une p\u00e9riode un peu dure en fin de deuxi\u00e8me : le mur des 30 kms du marathon en quelque sorte. L\u00e0, nous sommes sur un rythme acquis, la fin en vue facilite les choses. La troisi\u00e8me semaine est pass\u00e9e sans qu&rsquo;on s&rsquo;en rende trop compte. <\/p>\n<p>Pr\u00e9cision sur les baleines: Yves tient \u00e0 indiquer qu&rsquo;une des baleines est venue se frotter contre la coque, en passant. Yves et Pascal \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;avant et ont senti un choc mou au passage du c\u00e9tac\u00e9. Comme le dauphin du premier jour qui a effleur\u00e9 l&rsquo;hydro g\u00e9n\u00e9rateur, la baleine a d\u00fb vouloir tester le Gaedou. Ou a exprim\u00e9 son m\u00e9contentement que nous soyons sur le passage. <\/p>\n<p>4 d\u00e9cembre <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui devrait \u00eatre notre derni\u00e8re journ\u00e9e de navigation compl\u00e8te. Il nous reste a priori 28 heures pour arriver \u00e0 quai, \u00e0 compter de 11h TU \/ midi heure de Paris \/ 8h heure de bord. Les nuits sont calmes: nous n&rsquo;avons plus de grains, le vent est stable, la mer moins creus\u00e9e. Nous nous rapprochons clairement de la civilisation, nous voyons lors des quarts 2 cargos et 2 avions de ligne. <\/p>\n<p>Ce matin, l&rsquo;envoi du mail du 3 d\u00e9cembre se fait pour la derni\u00e8re fois par iridium, et nous ne chargeons pas de fichier m\u00e9t\u00e9o. Vous devriez recevoir ce texte via la 3G directement. Nous touchons au but. <\/p>\n<p>La journ\u00e9e se passe dans une routine presque plus routini\u00e8re que les autres. Le temps est d&rsquo;une constance surprenante, avec 18-20 n\u0153uds de vent sans faille; seule la mer change, la houle apparait en fin de matin\u00e9e pour disparaitre en milieu d&rsquo;apr\u00e8s-midi, \u00e7a moutonne pendant 2 heures pour s&rsquo;apaiser. Nous finissons cette journ\u00e9e sous pleine toile, \u00e0 6 n\u0153uds de moyenne. Il fait chaud \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des cabines, et tout \u00e0 fait agr\u00e9able dans le cockpit. Nous parlons des plans pour les jours \u00e0 venir &#8211; d\u00e9jeuner \u00e0 terre, douche, s&rsquo;occuper des voiles, rep\u00e9rer les mouillages pour mercredi \u00e0 vendredi &#8211; et disons adieu sans trop de regrets aux t\u00e2ches quotidiennes : dernier d\u00e9jeuner pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 bord, dernier d\u00eener, derniers quarts cette nuit. Et toujours pas de voiles autre que la n\u00f4tre, moins de poissons volants que les jours pr\u00e9c\u00e9dents, une sorte de go\u00e9land solitaire, brun gris, qui tournoie efficacement autour du Gaedou. Si nous n&rsquo;avions pas de point sur une carte, il n&rsquo;y aurait aucun moyen de savoir que nous sommes \u00e0 moins de 100 milles des c\u00f4tes. <\/p>\n<p>\u2003<br \/>\n5 janvier \u2013 terre !<\/p>\n<p>La terre est en vue \u00e0 7h30, sous la pluie. Elle disparait sous les nuages, r\u00e9apparait au loin, mais elle est l\u00e0 apr\u00e8s 23 jours de navigation. Nous touchons au but, il nous reste 2 heures pour finir au port ; contournement de la pointe sud de la Martinique, ajustement du cap pour rentrer dans la baie du Marin. Le vent est l\u00e0, un peu de pluie \u2013 il a plu quasiment non-stop depuis 2 heures du matin, avec pluie torrentielle pour commencer, vents \u00e0 30-35 n\u0153uds par moments, un vrai moment de plaisir finalement car sur une allure de travers, avec un voilier qui attaque franchement la vague, fait des pointes \u00e0 7 \/ 7,5 n\u0153uds, de la vraie navigation, sans crainte d\u2019empannage sauvage ; et puis la pluie continue, le vent se calme \u00e0 20 n\u0153uds, nous progressons sans faille vers le but\u2026 m\u00eame si une arriv\u00e9e sous la pluie ne correspond pas \u00e0 l\u2019image d\u2019Epinal d\u2019une arriv\u00e9e sous les tropiques, sous un ciel bleu et un soleil \u00e9crasant. Peu importe. Nous arrivons.<br \/>\n23 jours de travers\u00e9e, tout pile.<br \/>\nLes \u00e9quipes du port sont un peu d\u00e9bord\u00e9es et nous ne pouvons \u00eatre au ponton d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e. Nous voil\u00e0 \u00e0 la bou\u00e9e, on gonfle l\u2019annexe et c\u2019est parti pour la douche, le d\u00e9jeuner, la terre ferme. Etrange sensation en posant le pied sur une surface ferme : \u00e0 chaque pas, nous compensons comme si nous nous attendions \u00e0 ce que le sol rejoigne le pied et non l\u2019inverse. Cela dure finalement assez peu, et il n\u2019y a pas plus d\u2019effet secondaire sous la douche (un classique quand on ferme les yeux). Et quel calme soudainement, de ne plus avoir les multiples bruits du voilier en navigation, l\u2019eau, les craquements, les claquements de voile\u2026 inconsciemment c\u2019est un repos consid\u00e9rable.<br \/>\nJe vous passe le plaisir de retrouver les plaisirs simples d\u2019une bi\u00e8re fraiche, d\u2019une (deux\u2026) assiettes de frites, d\u2019un dessert de glace\u2026 de pain\u2026 apr\u00e8s avoir tann\u00e9 la capitainerie, nous voil\u00e0 au ponton, nettoyage des ordures, rangement des voiles pour les r\u00e9parations, nous voil\u00e0 par\u00e9s pour la suite : 3 jours de balades dans les criques avoisinantes pour snorkeling, farniente, repos, nuits sans quarts\u2026 pas (plus) de nouvelles sur la carte. Le p\u00e9riple est achev\u00e9. Merci de l\u2019avoir suivi !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jour 1 \/ le 13 d\u00e9cembre Lever au port, direction les douches &#8211; derni\u00e8re douche avant un mois ! Puis derniers pr\u00e9paratifs avant le d\u00e9part. Pascal veut mettre sa girouette en t\u00eate de mat. Malheureusement en la montant dans le seau, celle-ci tombe et se casse. Nous serons sans girouette. 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